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Cité de la Réforme Neuchâtel

Suisse

Neuchâtel

Neuchâtel, ville de l’ouest de la Suisse, est située à quelques kilomètres de la frontière française. Elle est la capitale du canton du même nom. Ici se croisent les cultures francophone et germanophone. L’œuvre de l’écrivain Friedrich Dürrenmatt qui vécut pendant presque quarante ans dans cette ville, en porte maintes traces. Cet auteur tenait à la qualité de vie de cette ville aux bords du Lac de Neuchâtel.

L’introduction de la Réforme à Neuchâtel est étroitement liée au nom de Guillaume Farel (1489-1565). Le réformateur y arriva en 1530 après une longue errance comme réfugié religieux français. Dans sa poche se trouvait une lettre de recommandation de la ville de Berne l’engageant à gagner Neuchâtel à la Réforme. Mais le prédicateur passionnant et exalté ne trouva pas partout une écoute ouverte. Comme il n’eut le droit de prêcher que dans la petite Chapelle de l’Hôpital, un de ses adeptes le consola : Jésus aussi naquit dans une étable. Bientôt sa prédication attira tant de monde qu’il persuada la foule de monter sur la colline du château et d’occuper la Collégiale. Sa prédication échauffa la foule au point qu’elle y détruisit les autels, les statues, les peintures et la croix. Seul le tombeau des princes de Neuchâtel et leurs gouverneurs fut préservé de cet iconoclasme. Quelques jours plus tard, le conseil de la ville rejoignit la Réforme. La classe supérieure des nobles resta catholique jusqu’en 1707.

De nombreux réfugiés religieux de France trouvèrent asile dans les environs de Neuchâtel. Ils contribuèrent au développement ultérieur de la Réforme dans la région. Antoine Marcourt, l’auteur probable du tract connu en France en 1534 sous le nom l’Affaire des Placards, fut nommé premier pasteur protestant, alors que Farel oeuvra en faveur de la Réforme à Genève où il appela Calvin. En 1532, Farel et Pierre-Robert Olivétan, précepteur à Neuchâtel, rencontrèrent à Chanforan dans le Piémont des représentants des Vaudois qui demandèrent une traduction française de la Bible. Olivétan se mit au travail. En 1535, Pierre de Vingle imprima la première bible française entière, la traduction d’Olivétan. Elle fut bientôt réimprimée à Genève et en d’autres endroits et reste à ce jour la traduction française la plus importante de la Bible. Lorsque Calvin et Farel furent bannis de Genève, Marcourt fut appelé à Genève et Farel prit la position de Marcourt à Neuchâtel. Il s’efforça d’introduire un règlement ecclésial selon l’exemple de Genève. Lors de nombreux voyages en Italie, en France et en Allemagne, il s’investit en faveur des sœurs et frères francophones de la foi réformés.

De nos jours une statue sur l’esplanade devant la Collégiale rappelle l’œuvre de Guillaume Farel. Autour de la Collégiale de Neuchâtel se trouvent de nombreux témoignages de l’histoire de la Réforme. Dans la Collégiale, les conséquences de l’iconoclasme sont toujours visibles. Dans la Rue de la Collégiale se trouvent les maisons de Farel et Marcourt ainsi que le Collège du Haut fondé par eux. Dans la bibliothèque universitaire et la Bibliothèque des Pasteurs fondée en 1538, on peut admirer la traduction de la Bible de 1534 ainsi que les Placards de 1534. On y trouve également la bible illustrée de Jean-Frédéric Ostervald, ultérieurement pasteur à Neuchâtel.

A travers Neuchâtel, le protestantisme francophone a gagné une nouvelle cohésion. Le réseau des exilés protestants y a trouvé un centre important.

Nous sommes persuadés que l’inscription de Neuchâtel dans ce réseau de villes européennes partenaires constitue une opportunité pour mettre en exergue son patrimoine exceptionnel en lien avec la Réforme, qui a de surcroît contribué à forger son identité sociale et culturelle au cours des cinq derniers siècles.

Thomas Facchinetti

Conseiller communal, directeur de la Culture, Ville de Neuchâtel

Links

Ville de Neuchâtel: http://de.neuchatelville.ch/

Bureau de tourisme: www.neuchateltourisme.ch/de/home.html

Eglise Réformée Evangélique du Canton de Neuchâtel: www.eren.ch

Fédération des Eglises protestantes de Suisse: www.feps.ch